Mission enseignement : CA de l'AEFE

J'ai eu l'occasion ce matin de faire un point sur la mission sur le développement de l'enseignement français à l'étranger devant les membres du CA de l'AEFE.

Avant toute autre chose je tiens à remercier tous ceux ici présents qui ont accepté de répondre à mes demandes d’auditions et vous êtes nombreux, je tiens également à remercier particulièrement l’AEFE qui m’a ouvert les portes de ses services durant 3 jours à Paris et à Nantes. J’ai beaucoup apprécié la disponibilité, l’accueil et l’ouverture d’esprit des personnels du siège. Je tiens également à vous dire que dans les établissements, j’ai rencontré à la quasi-unanimité des interlocuteurs lucides, ouverts, inquiets parfois mais toujours conscients des différents enjeux.

Avant d’évoquer la démarche utilisée pour faire naitre ce rapport tout d’abord un rappel :

La mission qui m’a été confiée porte sur les conditions du développement de l’EFE et non comme j’ai pu fréquemment l’entendre ou le lire sur la réforme de l’AEFE. C’est important pour moi de le rappeler, car cela permettra peut-être aux uns et autres de bien comprendre ma spécificité par rapport à d’autres rapports, produits ces derniers temps, de parlementaires et autres.

Précision faite, la singularité de ce rapport est donc qu’il s’appuiera sur le plus grand nombre d’acteurs de terrain et donc sur le fait que mon écoute n’aura pas été réservée aux seuls représentants institutionnels ou acteurs habituellement auditionnés.

Il se déclinera de la façon suivante : En partie 1 un diagnostic du réseau EFE, en différentes sous parties qui sont : un rappel de l’histoire de l’EFE, ses évolutions, ses acteurs, les liens qui sont les leurs, leur interaction, ce qui fait son attractivité et les sujets qui font débat au sein de ce réseau. Pourquoi un tel diagnostic, je dois dire que j’ai été frappé de constater, au cours des auditions, à travers la lecture des questionnaires ou lorsqu’il m’arrive de lire les témoignages des réseaux sociaux, que très peu de personnes connaissent le fonctionnement de l’EFE, attention je précise bien je ne parle pas de la connaissance de l’AEFE qui est autre chose, je parle de l’EFE et de son périmètre, très peu de gens connaissent ses différents acteurs, leurs rôles, leur interaction, leur existence même bien souvent. Il me paraissait donc important d’informer de cela les lecteurs du rapport pour qu’ils comprennent mieux la pertinence des préconisations qui suivront et je ne cache pas qu’après tant d’années dans ce réseau, j’ai encore moi-même fait des découvertes.

En partie 2 donc : des préconisations qui ont pour objectif de favoriser les conditions d’un développement de qualité et à la hauteur des enjeux pour la France, mais aussi des préconisations qui tiennent compte des réalités actuelles et les retours des différents acteurs qui soutiennent le principe de développement.

C’est pour cela que nous avons recueilli, analysé près de 20 000 questionnaires : • 8416 pour les familles du réseau • 6957 pour les familles hors réseau • 1290 pour les équipes pédagogiques à l’étranger, dont les proportions entre Contractuels non Titulaires, Titulaires détachés directs, TNR, résidents, expatriés donne une avance dans les réponses aux résidents • 1924 pour les équipes pédagogiques en France qui ont relayé le questionnaire. • 1124 pour les élèves du réseau • 928 pour les anciens élèves • 77 pour les personnels de direction (dont plus de la moitié sont des conventionnés 38) • 53 pour les missions diplomatiques sur 137 pays particulièrement ciblés. • 56 élus Ces questionnaires ont été relayés par les opérateurs qui ont demandé à leur personnel de direction de les faire suivre, par les postes diplomatiques et par les listes de diffusions des députés FDE qui ont fait le choix de relayer et par les sénateurs des FDE qui eux aussi on fait le choix de faire suivre. Si lors des auditions le retour de ces questionnaires a plutôt été très favorable, il l’a été moins pour une partie des personnels, suite à un appel d’un syndicat qui m’a exprimé ce refus à chacun de mes déplacements en établissement où il était représenté. Et ce à quoi j’ai répondu le plus simplement du monde que je respectais évidemment cette légitimité à ne pas y répondre pour toutes les raisons qui appartiennent aux uns et autres, mais tout en le regrettant, car il n’y a aura peut-être pas beaucoup d’autres occasions de collecter à grande échelle des témoignages.

Comment avons-nous exploité ces questionnaires et comment avons-nous restitué cela ? Mon équipe que j’ai renforcée pour cela a travaillé à partir d’un logiciel aussi bien pour les questions fermées qu’ouvertes. Pour les premiers, rien de plus simple une transformation des réponses en graphiques, pour les autres le logiciel a fait ressortir les mots les plus fréquemment utilisés pour chaque réponse ouverte et l’ensemble de ces mots ressortis par le logiciel a permis à mon équipe de reprendre les idées et propositions les plus fréquemment exprimées. Après ce travail statistique, toutes les réponses ont été lues une par une, ainsi qu’un grand nombre de contributions libres envoyées sur l’adresse courriel créée pour l’occasion. Le nombre de pages produites par questionnaire peut aller de 2 à 15 pages pour les questionnaires dont les questions ouvertes étaient nombreuses.

Viennent s’ajouter aux questionnaires : 367 auditions, 9 pays visités, 20 établissements EFE + 6 internationaux ou sections bilingues, 1 école label.

Là encore, ce qui m’a frappée, même si je ne l’ignorais pas à travers mon expérience personnelle du réseau, c’est le poids des contraintes qui pèsent sur ce réseau, et particulièrement sur l’AEFE et qui l’empêche tout simplement d’évoluer ou de se projeter sereinement dans le sens du développement comme il le faudrait. Les marges de manœuvre pour agir en cohérence avec l’objectif annoncé sont si faibles à l’heure actuelle que si la prise de conscience n’est pas collective au sein du réseau et que l’ensemble des acteurs ne voient dans l’avenir du réseau que leur seul point de vue sans avoir d’attention pour celui des autres, autant admettre tout de suite que ce bel objectif sera atteint par d’autres, d’autres pays, d’autres types de structures scolaires, d’autres modèles plus agiles, qui auront su se mettre en phase avec les attentes des familles. Il serait une erreur impardonnable de penser que la France et son modèle d’enseignement sont attendus et désirés autant qu’ils l’ont été par le passé, nous devons plus que jamais nous affirmer, démontrer notre excellence parce que désormais on nous compare à d’autres, et que les familles ont davantage de choix dans le paysage de l’enseignement scolaire.

C’est donc pour cela aussi que ma troisième partie aura pour vocation à expliquer à la France et aux Français et aux parlementaires de l’hexagone pourquoi ce réseau lui est important, pourquoi ce réseau doit se développer, pourquoi pour un enfant en France ce réseau a un sens une utilité, le but est double : qu’au-delà de son rôle indéniable pour la diplomatie d’influence, des évolutions amènent effectivement ce réseau, dans son organisation, à apporter aux élèves scolarisés en France une ouverture sur le monde et que ce Français qui le finance actuellement par ses impôts sans mettre les pieds à l’étranger ne conteste pas les financements qui lui permette de vivre et ne demande donc pas à son député ou sénateur de remettre en question le budget de l’EFE par le biais du programme 151 ou 185.

Mais je le redis en guise de conclusion à cette présentation, et pour tous ceux qui n’auront ni le temps ni l’envie de lire ce rapport, si la 4e partie qui sera totalement dédiée aux statistiques et conclusions issues des questionnaires ne trouve pas, comme les préconisations qui seront faites un certain écho auprès de l’ensemble des acteurs, il faudra admettre que les mêmes causes pour ne pas dire les mêmes maux qui sont particulièrement clairs et identifiés par tout le monde (et de nombreux rapports) ces dix dernières années produiront toujours les mêmes effets négatifs, mais avec une variable en plus une concurrence à notre modèle français qui n’a jamais été aussi forte et qui est-elle en pleine structuration pour préparer son développement à grande échelle, car le marché de l’éducation est en pleine évolution dans le monde, d’autres pays l’ont bien compris et nul doute que l'enseignement international à l'étranger peut parfaitement se développer sans nous CE QUI SERAIT, NOUS EN CONVIENDRONS TOUS, BIEN DOMMAGE pour le plus beau des leviers d’influence que nous ayons.

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